Kamilya Jubran ne chante pas, elle nous raconte une histoire. Celle de la jeune génération arabe, hommes et femmes d'Irak, de Syrie ou de Jordanie, blessés par la guerre et l'exil, inquiets, en quête de lendemains plus doux. Elle le fait au moyen d’envolées vocales, de suspensions, de disparitions, de plongées dans l'obscur, attirées par les basses impitoyables de Werner Hasler et de sa machine des temps modernes. Un fil d'Ariane se cherche face à nos deux envoûteurs qui laissent planer le mystère, souffles électro et cordes d’ouds en lévitation. Et le dialogue est là, dans la beauté d'un silence, d'une attente, d'une douleur qui s'expriment en deux notes à la dérive. Le duo palestino-suisse, déjà responsable en 2003 de Wameedd, incarne décidément l'union insolite de deux mondes musicalement en phase.